Martine Laval, Le Sentier, Saint-Hippolyte, février 2012
Claire Labonté n’applique rien des techniques picturales, mais suit plutôt ce que lui inspire un mot, une émotion, une pensée, une rencontre, une scène. Elle traduit en petits coups de pinceau répétitifs, en lignes, en points, en couleurs, en formes, en dessins, en collages, ce qui la touche, ce qu’elle perçoit, ce qui la transperce, ce qui fait qu’elle s’interroge.
Son ressenti, ses questionnements, ses douleurs, ses maux lui font créer des œuvres hors du commun. Du jamais vu, bien qu’on y reconnaisse ici et là, des éléments d’un autre temps, d’une autre dimension qu’on définirait comme : aborigène, préhistorique, astral.
Les toiles de Claire Labonté sont une suite d’intenses explorations intérieures qui ne s’apaisent pas une fois le processus enclenché, mais lorsqu’elle peint elle ne pense plus à rien. Elle exécute ce que sa main lui dicte, ce qu’une pulsion intérieure guide, pendant des heures, des jours, des semaines, tel un rituel. Elle travaille à plat, sur des mètres et des mètres de canevas qu’elle roule et déroule… jusqu’à 25 mètres de long par deux mètres de haut ! Elle voit certaines de ses toiles dans leur entièreté, qu’une fois terminées. « Mes œuvres sont un prolongement de moi-même, un labeur intense, un travail rigoureux, une retranscription de mon intégrité. » Le résultat est époustouflant, troublant, touchant.