Suivez-nous

Arts et culture

Tribune de l'information locale et régionale à la grandeur du Québec
Accueil > Arts et culture > 2015 > juin > 30 > Au musée, un dialogue père-fille saisissant

Au musée, un dialogue père-fille saisissant

Image de l'article
Ève K. Tremblay, photographe, et son père, céramiste-sculpteur, Alain-Marie Tremblay lors du vernissage de l’exposition Ça !, au MACL le 7 juin dernier.

Alexandra Girard, Le Journal des citoyens, Prévost, juin 2015

Il sera possible du 7 juin jusqu’au 13 septembre 2015, au Musée d’art contemporain des Laurentides, d’admirer un dialogue père-fille saisissant. C’est autour des photographies d’Ève K. Tremblay et des sculptures dites en bétonique d’Alain-Marie Tremblay que s'élabore l’exposition Ça!.

Voilà ni plus ni moins l’occasion d’aller à la rencontre d’une filiation touchante entre une multitude d’oeuvres (des « ça ») qui communiquent l’influence de l’art du père sur celui de la fille.

Ève K. , également commissaire de l’exposition, a travaillé deux années entières à échafauder ce dialogue artistique entre elle et son père céramiste- sculpteur. L’idée vient d’une anecdote d’enfance où Ève K. aurait esquissé un dessin dans le calepin de son paternel qui communiquait bien plus que tous les mots qu’elle connaissait à l’époque. Alain-Marie aurait demandé à sa petite : «C’est quoi ça ? » et elle aurait répliqué tout simplement «C’est un ça ! ». Mignon comme tout. Rien ne sert de décrire en mots ce qui est en quelque sorte indescriptible. «On parle avec nos ça », a déclaré Alain-Marie.

Le dessin en question a même été intégré à une installation, «Ça et ça, oiseaux et drones », de plaquettes en bétonique avec gravures de formes géométriques et rudimentaires par Alain-Marie. Mais qu’est-ce que la bétonique ? C’est un procédé inventé par ce dernier qui fusionne à la fois le béton et la céramique (de là le terme « bétonique »). C’est après la cuisson que ce matériau trouve toute sa raison d’être en étant très résistant au froid. Pratique pour ce céramiste-sculpteur qui expose plusieurs de ses oeuvres à l’extérieur, entre autres, dans son jardin à Val-David.

C’est peu dire les clichés assez récents aux jeux de lumière prononcés d’Ève K. témoignent du travail de son père. Les photographies regroupées sous le thème «Côté four » immortalisent, en effet, les étapes éphémères de l’élaboration de certaines sculptures d’Alain-Marie. On voit à travers les photos À vol d’oiseau et Aile-moteur l’avant cuisson d’œuvres bétoniques qui se trouvent dans la salle. Chaque installation en interpelle une autre. Comme le Château-radio du père, petite sculpture bleue aux allures futuristes, complémenté par le cliché de la fille captant cette sculpture avec un jeu d’ombrage magnifique. On découvre l’atelier du père par certaines photos et la complicité père-fille par certains autoportraits. Mais l’essentiel, mentionne Ève K., ce n’est pas d’expliquer les œuvres, mais bien de vivre pleinement le dialogue qui s’effectue entre elles.

Le MACL a profité de l’occasion pour présenter les deux lauréats du concours Jeunes artistes en arts visuels des Laurentides de 2015. Guillaume Boudrias-Plouffe a remporté la bourse de 2500$ pour la recherche et la diffusion offerte par le musée et c’est Chloë Charce qui a gagné la bourse de 1 000 $ d’initiation à la sérigraphie offerte par l’Atelier de l’île de Val-David. Sans oublier qu’au cours de cette même journée s’est déroulé le lancement du numéro 4, Erotica, de la revue de dessin actuel HB. On y feuillette plein de « ça » érotiques époustouflants sans aucune description parce que, comme l’a si bien dit Alain-Marie Tremblay, «pourquoi traduire en mots ce que l’on voit ? »