Entrevue    Mars 2003   

Jacques Thériault, un clown qui fait du bien
Par Denise fournier, Nouvelles d'icitte, Sainte-Anne-de-Portneuf, 29 novembre 2002

Les citoyens de la Haute Côte-Nord, tout comme leurs concitoyens du Québec, entendent souvent parler des Clowns sans frontières mais bien peu savent par contre que le fondateur de ce groupe ici n'est nul autre que Jacques Thériault, fils de Françoise Bouchard et de Georges Thériault, de Sainte-Anne-de-Portneuf. Mais oui, le barbier, celui qui avait pignon sur rue au 338, rue Principale et chez qui les hommes dans le temps pouvaient bien se tenir au courant de toute l'actualité.

Décidément, une bien belle famille que les Thériault avec les Joanne, Yvan, Jean-Pierre, Suzanne, feu Michel, Annie, feue Claudine, Nathalie, Isabelle, Natasha et Jacquot, le 5e du groupe qui est devenu depuis Monsieur Jacko, le clown dont on retrouve maintenant les propos dans des publications aussi sérieuses que La Presse, Sélection et autres médias.

Nous, les fanatiques du Festival de la chanson, on a pu le revoir à maintes occasions aux différentes éditions de cet événement culturel lorsqu'il avait plus le temps de sortir de la métropole et qu'il accompagnait comme agent une troupe de saltimbanques musiciens-chanteurs appelée alors Clandestinos et devenue depuis la Chango Family.

Jacquot est ni plus ni moins qu'un touche-à-tout, un sensible qui a à cœur le sort du monde et particulièrement celui des enfants démunis.

C'est en 1994 qu'il entend parler, pour la première fois, de la mission humanitaire des Clowns sans frontières alors qu'il fait le point sur sa vie à Baie Saint-Paul et il décide alors de l'implanter au Québec. En 1996, il part pour sa première mission à Sarajevo. Depuis, lui et ses comparses sont allés en Bosnie-Hérzégovine, aux Phillipines, au Kosovo, au Brésil, au Burkina, en Haïti et à Pakuashipi sur notre basse côte.

Jacques a travaillé de plus au projet Docteur Clown et ce, en concertation avec un centre d'hébergement / de soins de longue durée et un hôpital pour enfants. L'objectif est d'offrir une prescription d'humour aux pensionnaires de ces établissements de santé.

Clowns sans frontières regroupe au Québec, plus de 500 artistes bénévoles qui agissent comme des missionnaires de la paix. L'intervention des clowns-docteurs a été d'ailleurs été testée au Pavillon Vidéotron de l'Hôpital Sainte-Justine, l'été dernier, en collaboration avec Leucan.

En février, Clowns sans frontières concrétisaient un de leurs rêves les plus chers, celui d'ouvrir à Montréal le Carrefour des arts clownesques, une institution qui se veut avant tout un centre de formation et un lieu de rencontre pour tous les clowns du pays. On y donne une formation pour travailler auprès des enfants malades.

Clowns sans frontières est une organisation humanitaire créées par des artistes, qui a pour but d'améliorer les conditions de vie des enfants victimes de la guerre et de la misère dans le monde, et cela sans aucune distinction d'origine, de naissance, de race, de couleur, de sexe, d'opinion ou de religion. Clowns sans frontières, c'est aussi un organisme de bienfaisance enregistré.

C'est à propos des enfants et de la guerre. Tout commença en Croatie où le clown catalan Tortrell Poltrona apporta rire et espoir aux enfants de la guerre. Témoin de leur détresse, il réalisa que le meilleur moyen de soulager les tensions psychologiques de la population était de cultiver rire et lumière. Comment soigner les blessures de l'âme ? Ainsi est né le clown humanitaire.

De retour de Croatie, il fonda Payasos sin fronteras, en Barcelone en 1992. Antonin Maurel créera ensuite Clowns sans frontières à Paris en 1993 et Monsieur Jacko, Clowns sans frontières à Québec en 1994. Depuis, Clowns sans frontière prend forme un peu partout dans le monde.