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Opinion

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24-01-12

Christine Portelance, Le Mouton NOIR, Rimouski, janvier-février 2012

...un vrai Québécois, ? c’t’un communiste de cœur, ? c’t’un socialiste d’esprit, ? pis c’t’un capitaliste de poche. – Yvon Deschamps

Qui suis-je ?


J’aime les avions de combat, les parades militaires et le cliquetis des portes qui se referment. Quoi de plus réjouissant que d’envoyer plus de jeunes contrevenants en prison. Plus de prisons = création d’emplois. Et si on arrive à produire vraiment beaucoup de criminels, les gens finiront bien par réclamer la peine capitale.

Sorry, I don’t understand the question. I shall learn French soon.

MOI, je suis bon stratège. JE martèle un argument simple que tout le monde comprend, « il faut laisser faire la police» par exemple. Ensuite, il suffit d’attendre qu’un événement médiatique détourne l’attention du bon peuple. Des fois ça marche, des fois non. N’eût été la sortie du Barreau juste avant mon congrès libéral, avec le grabuge causé par les fiers-à-bras sur les chantiers le lendemain du congrès, mon simulacre de commission aurait très bien pu passer. Bon, quand ça ne marche pas, on s’adapte et on laisse couler… le ministre responsable bien entendu.

Sorry, I don’t understand the question. I shall learn French soon.

Je fais du patronage avec les places en garderie. Quand on demande à un ministre de récolter 100 000$ pour le parti, il faut bien moyenner…

MOI, je ne suis pas fine stratège. On dit que j’aurais vendu mon âme pour un amphithéâtre. Pourtant, l’idée me semblait bonne sur papier ? : on gagnerait des votes à Québec tout en flattant Quebecor dans le sens du poil. Qui peut gagner des élections sans Quebecor ? JE veux le premier rôle. MOI c’est le seul rôle qui m’intéresse. Ce serait le couronnement de ma carrière.

19-01-12

Vincent Di Candido, Échos Montréal, janvier 2012

L'itinérance, dans notre société, est perçue comme la peste, qu'on souhaite éloigner de nous le plus loin possible. Pas dans ma cour, cette laideur qui fera baisser la valeur du quartier et de nos maisons. Pourtant, ces marginaux que l'on voudrait faire disparaître, c'est la société qui en est responsable, en raison de la désinstitutionalisation des années quatre-vingt-dix qui a amené les hôpitaux à accélérer les congés d'hospitalisation et à permettre la sortie dans la rue de milliers de malades mentaux souffrant de schizophrénie et de divers troubles de comportement. Le gouvernement souhaitait ainsi alléger la tâche des hôpitaux, mais il n'a fait qu'alourdir le système et qu'augmenter les dépenses générales en santé puisque maintenant y transitent régulièrement les itinérants venus se faire soigner, minés par la consommation de diverses substances ou en proie à des crises.

Cette situation navrante incite de nombreux professionnels de la santé à proposer des alternatives plus efficaces, telles que maisons de transition ou encore des programmes de soins à domicile. Un tel projet, déjà en application dans plusieurs provinces canadiennes, semble donner de très bons résultats.

Par ailleurs, il est pertinent de se questionner en profondeur sur les drames qui ont occupé l'actualité récente, où les itinérants Farshad Mohammadi et Mario Hamel ont trouvé la mort. Le premier, armé d'un exacto, avait auparavant causé des blessures à un policier au métro Bonaventure ; la balle d'un policier a aussi atteint le second, en état de crise, il y a environ un an sur la rue Saint-Denis ; une balle perdue a causé la mort du cycliste Patrick Limoges, dans le même incident.

06-01-12

Catherine Girouard, L’Itinéraire, Montréal, le 1er janvier 2012

L’augmentation des prestations d’aide sociale, la multiplication des logements sociaux et abordables, l’ouverture de sites d’injection supervisés au Québec, la fin de l’isolement et de la marginalisation de plusieurs d’entre nous, une vraie justice sociale, une meilleure santé mentale pour notre société, un rééquilibre économique, la fin de la faim… ma liste de souhaits pour 2012 est beaucoup trop longue. Je dois me rendre à l’évidence : il est impossible de les réunir tous sur une seule page ! J’en partage donc quatre avec vous. Quatre enjeux qui ont fait les manchettes en 2011, et qui, je l’espère profondément, ne seront pas relégués au placard à balais cette année. Il en va de la santé de notre société.

 

Intimidation zéro

 

L’intimidation à l’école est un problème grave et bien réel. La triste histoire de Marjorie Raymond, qui s’est enlevé la vie à 15 ans en novembre dernier parce qu’elle était victime d’intimidation dans son école, en Gaspésie, est une autre preuve que cette réalité ne doit pas être prise à la légère. Le nombre de jeunes victimes n’est pas négligeable non plus. Une scène d’intimidation se produirait toutes les sept minutes sur le terrain de jeu des écoles primaires canadiennes1. Au secondaire, de 10 % à 15 % des jeunes du pays disent être victimes d’intimidation au moins une fois par semaine2. Pour 2012, je souhaite que nous prenions la responsabilité sociale de lutter contre l’intimidation chez les jeunes, et que des initiatives de sensibilisation comme celle de la Fondation Jasmin Roy se multiplient.

03-01-12

Renaud Blais, Le Reflet du canton de Lingwick, décembre 2011