Le bénévolat : fer de lance
de la presse écrite communautaire
Par Yvan Noé Girouard

J’ai assisté en décembre dernier à un colloque sur le bénévolat organisé par le Réseau de l’action bénévole du Québec. Au programme, des ateliers et des discussions portant sur les nouvelles façons de faire du bénévolat et sur les multiples facettes de l’implication citoyenne (le nouveau terme à la mode pour désigner le bénévolat). Au total, 250 personnes ont pris part à ce colloque. Non pas des bénévoles, mais pour la plupart (tout comme moi) des gestionnaires d’organismes dans lesquels oeuvrent des milliers de bénévoles.
Premier constat-choc : le bénévolat n’est pas perçu de la même manière par ceux et celles qui en font que par le public en général. En effet, pour l’ensemble des bénévoles, il s’agit d’un geste libre et gratuit. Pour le grand public, le bénévolat est perçu comme un service rendu à des personnes dans le besoin. Ce service peut être rendu par des personnes rémunérées dans le cadre de leur travail ou bien des étudiants dans le cadre de leurs études. Un point fait toutefois l’unanimité : il faut être passionné pour faire du bénévolat.
La passion, c’est ce qui distingue les mille cent bénévoles que l’on retrouve dans la presse écrite communautaire au Québec. Ces gens croient à leur journal communautaire. Ils s’engagent et s’y impliquent. Toutefois, il y a des raisons pour lesquelles un bénévole s’implique dans un organisme communautaire. On s’implique bien sûr par passion, mais aussi par besoin de vivre une expérience enrichissante et pour recevoir une certaine reconnaissance. Il ne faut donc pas hésiter à donner au bénévole non seulement un remboursement pour ses dépenses personnelles, mais également lui donner une récompense matérielle tels un repas, un prix, une soirée hommage, etc.
Sans revenus d’envergure, sauf pour les subventions gouvernementales qui comptent pour 15 % de leur chiffre d’affaires, les journaux communautaires fonctionnent à l’huile de bras. Le bénévolat est le fer de lance de la presse écrite communautaire. Sans bénévoles, les journaux communautaires ne pourraient exister. Les journaux communautaires se réclament de l’action communautaire autonome, et toute action entreprise par ces derniers est basée spécifiquement sur le travail des bénévoles.
De manière bien modeste, l’AMECQ tient à souligner l’effort des bénévoles dans ses journaux en remettant chaque année le Prix Raymond-Gagnon* décerné au bénévole de l’année. Pour cela, certains critères sont pris en compte : l’impact de l’implication du bénévole sur le journal, sa détermination, sa capacité de mobilisation, son engagement personnel, son sens de l’innovation et son respect des valeurs communautaires.
L’AMECQ reconnait à sa façon le travail colossal des quelque 1100 bénévoles qui oeuvrent dans l’ensemble de ses journaux membres. On leur attribue l’existence et le fonctionnement des journaux communautaires.
*Prix décerné à la mémoire de Raymond Gagnon, qui, à titre de bénévole, a marqué la vie associative de l’AMECQ pendant quinze ans.